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Diombato / Crise de la commercialisation de l’arachide : Modou Thiam lance un cri d’alarme à l’État depuis le louma de Touba Mouride

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La filière arachidière sénégalaise traverse une période de fortes turbulences, suscitant une vive inquiétude chez les producteurs. En visite au marché hebdomadaire (louma) de Touba Mouride, dans la région de Fatick, le technicien supérieur en gestion environnementale (QHSE), Modou Thiam, a constaté la situation préoccupante de la commercialisation de l’arachide.

Sur ce marché rural stratégique du Diombato, les échanges entre Modou Thiam et les agriculteurs ont mis en lumière un profond malaise. « Les producteurs rencontrés ont unanimement exprimé leur mécontentement et leur insatisfaction face au faible prix de vente de l’arachide, aux difficultés d’écoulement de la production et à l’absence de soutien effectif de l’État », apporte-t-il. À bout de souffle, les paysans estiment avoir été abandonnés par les autorités.

Pourtant, rappelle le technicien supérieur, l’agriculture demeure un pilier fondamental de l’économie sénégalaise, et l’arachide reste une culture stratégique, garantissant des revenus à des milliers de familles rurales. « Un prix juste et rémunérateur est indispensable pour préserver la dignité des producteurs, stimuler la production et renforcer la sécurité alimentaire », a-t-il souligné.

Abordant la question du financement et de la commercialisation, Modou Thiam prévient que la fixation d’un prix plancher, aussi importante soit-elle, ne saurait suffire. « Sans un financement effectif des opérations de commercialisation, les opérateurs, collecteurs et industriels peinent à acheter, stocker et transformer l’arachide. Cette situation expose les producteurs à des invendus et à une chute des prix réels », observe a-t-il.

À ces difficultés s’ajoutent, selon lui, la fermeture des frontières commerciales et une situation de surproduction, qui aggravent davantage les problèmes d’écoulement. « En l’absence de débouchés extérieurs, l’excédent d’offre sur le marché intérieur exerce une pression à la baisse sur les prix, au détriment des paysans », déplore a-t-il.

Face à ce constat alarmant, Modou Thiam appelle l’État à agir urgemment. Il plaide pour une ouverture encadrée des frontières et une facilitation des exportations, qu’il considère comme des leviers essentiels pour absorber les excédents, stabiliser les prix et dynamiser durablement la filière arachidière sénégalaise.

Sidy Sankhare 

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